Rayon : Off
Rayon :
km Définir un rayon pour la géolocalisation
Rechercher

Entre Histoire Et Mémoire, Les Marches Des Esclaves,

Entre Histoire Et Mémoire, Les Marches Des Esclaves,
Activités Aquatiques

À Petit-Canal, se dressent les Marches des esclaves. Un monument emblématique du territoire faisant l’objet d’une véritable mystification et patrimonialisation depuis les années 1970-1980.

Au bas du bourg de Petit-Canal, le site dénommé Marches des esclaves est un lieu très visité mais dont l’histoire est méconnue. « Il n’y a pas d’histoire », affirme même un historien de la place.

Cet escalier est fait de 54 marches en pierres de taille. Un nombre qui correspondrait aux habitations présentes durant la traite négrière. Selon la légende véhiculée, ces marches auraient été construites au moment de la libération des esclaves, offertes par les habitations et la fabrique.

« L’appellation Marches des esclaves est récente et abusive, poursuit l’historien. Un public non averti lui confère ainsi une histoire liée à la vente d’esclaves. »

Une Construction Utile

Les sources ne sont pas des plus explicites sur les circonstances de leur réalisation. Mais plusieurs historiens s’accordent sur le fait qu’une construction liée à la vente d’esclaves est à exclure.

« La seule mention que nous possédons nous vient d’un curé de la paroisse évoquant une édification en 1853 », assure l’un d’eux. Soit cinq ans après l’abolition de l’esclavage.

D’autre part, toujours selon les historiens, la structure témoigne d’un fait unique dans le département. Le glissement du bourg vers l’est, sur un plateau où se trouvait déjà l’église. « C’est d’ailleurs la seule paroisse de Guadeloupe qui ne regarde pas dans le sens de son bourg actuel. »

Au XIXe siècle, le bourg longeait le petit canal et concentrait toutes les activités économiques (commerces, artisanat, marché). Petit-Canal était alors une place forte. « Ces marches étaient le moyen d’accéder au plateau . Elles ont été créées dans un but utilitaire qui n’est autre que l’accès à l’église. »

Le site «Marches des esclaves » est, au fil du temps, devenu un espace mémoriel avec une concentration de monuments de différentes époques évoquant des moments marquants de l’histoire de la Guadeloupe. Le monument à l’esclave inconnu, qui commémore la première abolition de l’esclavage en 1794, le djembé (instrument de musique africain) qui s’impose par sa taille entre les marches et le port et le buste du colonel Louis Delgrès aux pieds des marches.

Aujourd’hui, dans un devoir de mémoire, on historicise les objets du site pour entretenir la mémoire de l’esclavage. À titre d’exemple, des plaques rendant hommage aux différentes ethnies africaines sont apposées sur l’escalier. Le monument à la liberté de 1848, célébrant la deuxième et définitive abolition de l’esclavage, est le plus ancien. Il a été érigé au-dessus des Marches, derrière l’église, et contribue, en majeure partie, à la dénomination discutée de « Marches des esclaves».

 À leur demande, les historiens interrogés ont refusé d’être cités du fait, peut-être, de la polémique que génère leurs points de vue.

Les Ethnies Gravées

Sur les marches, des plaques rappellent les noms des différentes ethnies africaines. Yorubas (peuple du sud-ouest, Nigéria, Togo, Bénin), Congos (peuple d’un ancien royaume de l’embouchure du fleuve du Congo), Ibos (sud-est du Nigéria), Ouolofs (Nigéria, Sénégal et Congo), Peuls (dans la partie occidentale de l’Afrique) et Bamilékés (peuple à l’ouest du Cameroun). Au pied des marches, se dresse le buste de Louis Delgrès, qui se battit jusqu’à la mort contre le rétablissement de l’esclavage en 1802.

Source FranceAntilles Mardi 16 Juillet 2019 – 06h00

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Chargemente en cours de…
Partenaires  |  Info : il n'a aucun élément créé, veuillez en ajouter.
Statistiques : 45 Catégories 31 Emplacements 165 Ressources 147 Avis